Parole de bénévoles
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Parole de bénévoles

Témoignage de Roseline Jacotot, de l’équipe des permanentes

Que représente Mosaiques9 pour vous et quel est votre rôle au sein de l’association ?

L’association Mosaïques a maintenant 7 ans d’existence. En tant que bénévole retraitée, j’y participe depuis le début et me réjouis de l’évolution positive de ce centre. Les familles nous trouvent par l’intermédiaire de travailleurs sociaux scolaires ou municipaux ou par le bouche à oreille. Elles sont toutes immigrées, venant d’au moins 25 pays différents, et sont souvent très mal logées. Mosaïques est facile d’accès, le local est au rez-de-chaussée. Ainsi les familles disent qu’elles se sentent tout de suite accueillies et à l’aise. Moi-même, j’aime beaucoup venir à Mosaïques, à mi-temps. Je m’occupe de bien des choses : l’accueil physique et téléphonique, les inscriptions des bénévoles et adhérents, l’organisation des cours de français.

Comment se déroulent les cours de français ?

Les cours sont donnés par des bénévoles, à des groupes de 1, 2 ou 3 élèves adultes, si possible de niveau à peu près semblable. Les élèves sont très attachants et attentifs, les bénévoles, très investis. Une relation d’amitié et d’entraide s’établit toujours. Et alors, les progrès en français deviennent très réels. Oser s’exprimer devient plus facile.

Proposez-vous des préparations aux examens de français ?

Oui, tout à fait ! 3 adultes, cette année, ont passé un examen de français avec succès ! Nous préparons aux diplômes de type DILF, DELF et TEF* qui permettent de valoriser les dossiers de demande d’intégration en France.

*DILF : Diplôme Initial de Langue Française, DELF : Diplôme d’Études en Langue Française et TEF : Test d’Évaluation de Français

Et l’aide aux devoirs pour les enfants ?

Mosaïques est aussi un espace pour les enfants. Entre 16 à 18 d’entre eux viennent régulièrement 2 soirs par semaine après l’école pour une aide au travail scolaire. Quelle joie de voir des enfants s’ouvrir, comprendre, progresser ! Puis vient le temps du jeu en attendant l’arrivée des parents pour rentrer à la maison. Jouer à plusieurs, c’est tout un art et un savoir vivre ensemble. Grands et petits, nous sommes tous “en apprentissage” de quelque chose, dans l’échange et la réciprocité.

Dans l’ensemble, la vie est animée dans ces 4 pièces !

Roseline Jacotot

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Témoignage d’Emmanuelle O’Deland

Mosaïques ?

C’est le son de bienvenue des clochettes de la porte d’entrée, un sourire accueillant… de quoi mettre à l’aise celui qui en franchit le seuil. Depuis mon arrivée, il y a quelques mois, j’y ai rencontré six égyptiens. Entre autres, Youssef, ancien comptable dans un hôtel Cairote, devenu serveur dans un restaurant parisien ; Matthieu, journaliste en haute Egypte, aujourd’hui chercheur de petits boulots. Souvent en situation précaire, ils viennent à Mosaïques, pour améliorer leur français. Inquiète du lendemain, Marie retient ses larmes en parlant des épreuves de son pays.

Emmanuelle O’Deland

GROUPE DE FEMMES

Témoignages de femmes

Depuis la naissance de l’association, à Mosaïques9, les femmes ont la parole, ou plutôt pourrions-nous dire : elles ont pris la parole. En effet, elles ont demandé de se retrouver une fois par semaine entre elles. Un temps pour elles, pour discuter, se former, se détendre, rire, se soutenir…

Aujourd’hui, en vue de partager avec vous la ‘Mosaïque’ qu’elles forment, nous publions ici leur témoignage. Elles nous disent, avec émotion, les rires et les pleurs qui ont ponctué le chemin entre leur pays d’origine et la France.

H, Algérienne :

« Je suis arrivée en France par le regroupement familial. Mon mari venait de prendre sa retraite après avoir travaillé dans le bâtiment. Moi j’avais élevé 9 enfants au pays… En arrivant, j’ai pleuré énormément. Je ne comprenais rien, heureusement il y avait la famille »

Z, Marocaine, s’exclame :

« C’est comme cela que ça se passait, le mari venait au pays en été, il se mariait, puis repartait. Ensuite il revenait tous les ans et il y avait un bébé… Moi j’ai détesté cela ! Je suis venue en France faire mes études de droit à Nanterre. Ma première impression ça à été le froid. Pas tant la température mais le chacun pour soi. J’ai pleuré pendant un an et j’étais collée au téléphone. Je suis étrangère, alors il y a des préjugés, quand je me présente à un guichet on me demande si je sais écrire ! Cela me choque. J’ai rencontré mon mari, égyptien, en France. Et j’ai mis onze ans à obtenir mes papiers. Quand on a émigré une fois on ne peut plus s’installer définitivement dans un pays. »

H, égyptienne :

« Mon mari m’a fait venir en France, j’étais contente de le rejoindre. A l’aéroport les douaniers m’ont gardée des heures… ils étaient méfiants, car une femme avec un enfant, ayant un visa touristique, c’est bizarre ! Je leur disais : « mon mari est là, à l’extérieur, il m’attend. » Mais cela durait, alors mon bébé s’est mis à pleurer et ils n’ont pas supporté ! Ils m’ont laissée partir. Moi je n’ai pas pleuré tellement j’étais heureuse de revoir mon mari, ce sont les pleurs de mon bébé qui nous ont tirés d’affaires (rires !). Après avoir fermé la porte de l’appartement, je ne suis plus sortie sauf pour conduire les enfants à l’école et pour les courses. J’écoutais, je notais tout ce que la maîtresse disait et je demandais à une amie de me traduire. Quand mon dernier est allé à l’école, je commençais ma vie ! Quelques stages de français plus tard, je suis toujours là et aujourd’hui, je cherche du travail. »

C, Malienne :

« J’avais été mariée, dès ma petite enfance, selon la coutume de mon pays. Je suis arrivée en France à 10 ans. Nous logions, « mon mari », qui avait 25 ans, et moi, chez des compatriotes. La femme m’a demandé de travailler comme une esclave ! La boulangère du quartier m’avait repérée. Tous les matins, elle m’offrait du pain, au chaud dans son magasin. C’était une vraie mère pour moi ! J’ai cru que la dame qui m’hébergeait serait comme ma sœur, mais je m’étais trompée… »